Faisait-il nuit ou jour? Elle ne le savait pas, à vrai dire elle s'en fichait éperduement, la seule chose qu'elle savait , c'était qu'elle était allongée à terre, et que c'était fini pour elle. Mais, on ne voyait aucune lueur d'inquiétude ou de peur dans ses yeux. Elle était calme, malgré sa respiration forte, irrégulière et saccadée. De toute façon, elle ne pouvait plus rien faire, le moindre effort était inutile, elle était condamnée tout simplement, son destin était scellé. Le puzzle de sa vie n'était pas totalement fini, il lui manquait une seule pièce pour qu'il soit achevé. Elle l'a trouvé. Elle aurait pû trouver le morceau manquant bien plus tard, mais elle était impatiente de terminer son jeu. Et puis, elle n'avait aucun regret, pour elle la vie n'est qu'un jeu qui s'achève un jour, tôt ou tard. Elle ferma les yeux et esquisça un sourire, en y repensant tout lui parut si clair et logique. Si le puzzle commence par la vie, le puzzle se finit bien par quelque chose qui termine tout. Elle avait cherché longtemps. Dans les livres des plus savants, dans les yeux des gens... Mais elle n'avait pas trouvé, et puis vint cet étrange rêve. Etrange rêve, doux et paisible. Elle se voyait, baignée dans une immense mer noire qui n'en finissait jamais, et où le silence régnait en maître absolu.Elle avait froid, mais pourtant elle se sentait calme, paisible. Rien ne surgissait dans son esprit. Et puis quand elle se réveilla, elle comprit. C'était si simple, tout était dans sa tête, la réponse s'y cachait jusqu'à surgir au coin de ses rêves. Elle se sentait bête, bête d'avoir dû attendre si longtemps pour le savoir. La mer noire, s'imbolisait le néant, le néant qu'on ne voit que les yeux fermés. Mais ce néant devait durer toujours, et pour qu'il dure à jamais, les yeux devaient se fermer pour l'éternité. Le froid si appésant ne devait être que le frisson de la délivrance de l'âme. Le silence sourd, ne laissant aucun chuchotements le transpercer signifiait seulement que la vie à sa fin, n'émet aucun bruit. Et tout ceci, se trouvait grâce au repos éternel.
Le repos éternel...C'est la fin de chaque chose, on vit et un jour on le trouve ce repos tant mérité. Elle avait compris à présent; pour terminer son puzzle il lui fallait la fin de la vie, il lui fallait trouver le néant, le silence, la délivrance.
Elle se souvenait de chacun des gestes qu'elle avait fait, elle s'était précipitée vers la cuisine, elle suffoquait, comme possédée. C'était l'exitation, enfin, la pièce manquante se livrait à elle. Elle prit alors, un couteau au hazard, et l'examina.
Et maintenant? Que fallait-il faire? Elle voulait connaître à tout prix, la sensation de satisfaction tant attendu. Et puis, elle porta le couteau à son poignet. Elle s'effondra, heureuse. Et maintenant, la voilà, allongée sur le sol dur, la chevelure rousse flamboyante. La main meurtrière avait, sous le choc, laissé tomber l'objet du crime. Elle ouvrit les yeux... Elle se sentait bien, elle ne faisait presque plus attention aux petits piquotements douloureux qu'émettait son corps blessé.
Puis, elle entendit une petite voix lui soufflait : "Allez! Suis-moi, monte sur le bateau, je vais t'y conduire". Alors, après un dernier soupir, elle sourit et ses paupières tombèrent sur ses yeux comme un voile noire, laissant la demoiselle au néant.
Les yeux fermés à jamais, le froid délivrant son âme la prenait, le silence du deuil suivant la mort s'installait. Le puzzle avait un début et une fin, le jeu résolu... La partie terminée.
Histoire écrite sous l'influence de Green Day, dans les oreilles. Le mercredi 26 décembre, dédiée à Manu.